mairie de Saint Cirgues

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article de la vie Quercynoise sur les écoles


Gorses
Trois écoles fermées : ruralité en danger !
Les écoles de Saint-Cirgues, Lauresses et Gorses sont sur la sellette.

17/12/2015 à 10:48 par La Rédaction

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Christian Venries, président des Elus Ruraux exprime son mécontentement devant l’assemblée comptant de nombreux élus, parents d’élèves et habitants du Haut Ségala.


Répondant à l’appel du collectif « Ségala Mobilisé », parents d’élèves, habitants et élus du Haut-Ségala ainsi qu’élus de communes rurales voisines se sont à nouveau rassemblés, ce samedi 12 décembre, à l’école de Gorses, pour réaffirmer leur opposition au projet présenté lundi dernier par le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale (DASEN), en présence du Sous-Préfet, des maires des communes de St Cirgues, Lauresses, Gorses et Latronquière et du président de la Communauté de communes du Haut-Segala.

Nous avons demandé aux représentants du Collectif, de préciser le projet et les motifs de leur opposition à ce projet, qui suscite une farouche opposition de l’ensemble de la population.
Non à la fermeture des écoles

Selon les préconisations de l’Inspection d’académie du Lot, « il s’agirait de fermer les écoles de St-Cirgues, Lauresses et Gorses et de regrouper les enfants à Latronquière par classes de 30 élèves, de plusieurs niveaux et d’intégrer les élèves de Cours Moyen en 6e au collège ». Alors que les communes avoisinantes poursuivraient une scolarité « classique », le Collectif dénonce cette orientation source d’inégalités.

D’autre part, ces fermetures impacteraient, au minimum, cinq emplois directs (personnel communal de cantine et de garderie) et deux postes d’enseignants sur le regroupement. Elles entraîneraient une fuite d’effectifs vers le Cantal notamment et fragiliseraient le collège, à moyen terme.

Ces nouvelles orientations font suite à différentes attaques contre le service public mené depuis quelques mois : fermeture de la gendarmerie avec pour conséquence le départ d’enfants scolarisés, la réduction d’ouverture des bureaux de poste et la fermeture programmée de la trésorerie.

Les élus expriment leur ras-le-bol face à ces attaques portées à l’encontre de la ruralité et rappellent que les ruraux ne sont pas des citoyens de seconde zone.

Le collectif précise que le DASEN est chargé d’appliquer des mesures gouvernementales. « Il semble donc qu’il y ait une véritable volonté politique de faire mourir nos villages et de brader l’éducation de nos enfants » s’indignent les membres du Collectif, qui n’entendent pas baisser les bras.

Une pétition circule déjà pour informer et mobiliser la population en vue d’actions futures. Les élus attendent de rencontrer l’inspecteur d’académie pour discuter de l’avenir de ces écoles, dans les meilleurs délais, en espérant pouvoir se faire entendre.

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Jean-Claude Mage

 
L’école : un enjeu en termes de vitalité et de dynamisme en rural


Le président de l’association des maires ruraux écrit à la Ministre

Vanik Berberian, président de l’AMRF, en appelle à Najat Vallaud-Belkacem.

Dans un courrier en date du 11 décembre dernier, Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France, s’est adressé à Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour contester la décision prise par l’Inspection d’académie du Lot et lui demande de reconsidérer ce dossier.

« L’AMRF a été informée, par le maire de la commune de Saint-Cirgues et Président des maires ruraux du Lot, Christian Venries, de la proposition de l’IA-DASEN de fermer trois des quatre sites du Regroupement pédagogique intercommunal (RPI) du Haut-Ségala et d’y supprimer un poste d’enseignant pour la rentrée 2016, voire deux.

Cette décision apparaît fortement contestable, tant au regard de l’évolution des effectifs d’élèves inscrits, que de l’implication régulière des communes de ce regroupement en matière d’une politique éducative efficace. À cela s’ajouterait l’impact de ces fermetures sur l’emploi local, déjà bien menacé en milieu rural, avec la suppression de postes d’au moins cinq personnels communaux (cantine et garderie).

Au sein de ce RPI – dit « dispersé » – mis en place en 2013, chaque école réunit les élèves de plusieurs communes (Gorses, Latronquière, Lauresses et Saint-Cirgues) par niveau. 61 élèves de primaire sont ainsi accueillis sur quatre sites, dont 12 élèves à Saint-Cirgues, 14 élèves à Latronquière, 15 élèves à Lauresses et 20 élèves à Gorses. À cela, s’ajoutent les 34 élèves de maternelle, à Latronquière.

Cette organisation scolaire, concertée et cohérente au regard des spécificités de ce territoire rural et des besoins de sa population, est incontestablement attractive. Pour la rentrée prochaine – et en dépit de la fermeture de la gendarmerie en juillet dernier, à l’origine du départ de plusieurs familles avec enfants scolarisés – les prévisions d’effectifs font état d’une augmentation de 2 du nombre d’enfants inscrits. Ce dynamisme doit être pris en considération. L’école rurale ne peut pas être la simple variable d’ajustement de la carte scolaire, au détriment de l’accès à une école de proximité et de qualité dont doit pouvoir bénéficier chaque élève de France avec la même priorité.

Au-delà de l’aspect purement comptable qui préside à cette décision, c’est le contexte dans lequel intervient cette annonce qui apparaît contestable au regard des efforts régulièrement fournis par ces communes en faveur de l’amélioration de leur offre scolaire. Les communes membres de ce RPI ont œuvré en faveur d’une politique éducative efficace, que cette décision de concentration sur le seul site de la commune chef-lieu réduirait à néant. Elles ont notamment mis en place la réforme des rythmes scolaires de manière réfléchie sur la base des dérogations du décret du 8 mai 2014 (dit décret « Hamon »), afin d’organiser les activités périscolaires sur un après-midi dans chacune des communes et ainsi mutualiser les intervenants.

Comment alors justifier cette décision, qui vient arbitrairement chambouler une organisation scolaire efficace et satisfaisante, en termes de résultats des élèves, de satisfaction des parents et d’aménagement du territoire ? Est-ce là, l’apport supposé du « Protocole d’accord pour un Schéma triennal d’évolution de l’offre scolaire dans le département », signé dans le Lot cette année ?

Par ailleurs, sur les huit communes lotoises à s’être déclarée volontaire pour accueillir de réfugiés, deux sont issues du Haut-Ségala. Comment envisager sereinement l’accueil de ces familles, de ces enfants, dans un tel contexte de désorganisation scolaire contrainte ?

Cette décision, prise sur un fondement strictement comptable, n’a pas de sens d’un point de vue pédagogique. Elle porterait préjudice tant aux enfants, qu’à l’école publique rurale et irait à l’encontre d’un aménagement équilibré du territoire. Comme le rappelle l’article L111-1 du Code de l’Éducation : « le service public de l’éducation [...] contribue à l’égalité des chances et à lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative ».




18/12/2015

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